I. Relancer efficacement son client : la phase amiable
Un impayé ne signifie pas forcément qu'il faut immédiatement passer par la voie judiciaire. La phase amiable est souvent indispensable, à la fois pour des raisons stratégiques et juridiques.
Les bonnes pratiques à adopter :
- Envoyer une première relance écrite, courtoise mais claire, rappelant la facture impayée, son montant, sa date d'échéance et les modalités de paiement.
- Si aucune réponse, adresser une mise en demeure, de préférence par lettre recommandée avec accusé de réception, fixant un dernier délai et rappelant les conséquences légales (intérêts de retard, indemnité forfaitaire de 40 €?).
- Tenir une trace de tous les échanges : mails, lettres, relances téléphoniques? Ces éléments seront utiles en cas de procédure ultérieure.
Pourquoi se faire accompagner dès cette étape ?
Une mise en demeure d'avocat a souvent plus de poids qu'un simple courrier de relance. Elle peut suffire à débloquer la situation sans aller plus loin. L'avocat peut aussi vérifier que toutes les conditions juridiques de la créance sont réunies (facture conforme, délai d'exigibilité, absence de contestation sérieuse).
II. Passer à l'action : les procédures de recouvrement judiciaire
Si les relances amiables échouent, il ne faut pas perdre de temps. Les créances commerciales peuvent se prescrire rapidement, surtout si aucun contrat écrit n'encadre la relation. Plusieurs procédures sont possibles, selon le montant de la dette et la situation du débiteur.
Les principales options :
- L'injonction de payer : procédure rapide, peu coûteuse et sans audience. Elle permet d'obtenir une ordonnance exécutoire si le juge estime la créance fondée. Adaptée aux créances non contestées.
- L'assignation au fond : utile si la créance est contestée ou si l'entreprise souhaite aussi demander des dommages et intérêts. Plus longue, mais nécessaire dans certains cas.
- Le référé provision : si la créance n'est pas sérieusement contestable, un juge peut accorder rapidement le paiement d'une somme d'argent à titre provisoire.
- La procédure collective : si le débiteur est en cessation de paiements, il faut déclarer la créance auprès du mandataire judiciaire dans les délais légaux.
Et après la décision ?
Une fois le titre exécutoire obtenu, encore faut-il le faire exécuter. Cela passe par un commissaire de justice, qui pourra procéder à une saisie sur les comptes, sur le matériel, ou même au domicile du dirigeant dans certains cas (notamment en cas de caution personnelle).
Pourquoi un avocat est essentiel à ce stade ?
Un avocat analyse la situation financière du débiteur, choisit la procédure la plus adaptée et prépare un dossier solide. Il permet aussi d'éviter les erreurs de procédure qui font perdre du temps? et de l'argent.
Conclusion
Face aux impayés, l'inaction coûte plus cher que l'action. Beaucoup de dirigeants attendent trop longtemps, par manque d'information ou de stratégie. Résultat : leur trésorerie souffre, et la créance devient parfois irrécouvrable.
Le recouvrement de créances doit être pensé comme un processus structuré, mêlant tactique commerciale, rigueur juridique et réactivité.
Être accompagné par un avocat permet non seulement d'augmenter les chances de récupérer les sommes dues, mais aussi de dissuader les mauvais payeurs à l'avenir, en montrant que votre entreprise sait faire valoir ses droits.
Résumé en 5 points clés
1. Relancer efficacement avec preuves écrites et mise en demeure.
2. Ne pas perdre de temps : la prescription peut être rapide.
3. Choisir la bonne procédure selon la nature de la créance.
4. Faire exécuter la décision avec l'aide d'un huissier.
5. Être accompagné par un avocat pour sécuriser chaque étape.