Les caractéristiques d'un abus de faiblesse
La victime d’un abus de faiblesse doit être une personne en situation de faiblesse ou d’ignorance, qui n’a pas la capacité d’apprécier la portée de ses engagements ou de déceler les ruses ou artifices que le vendeur déploie pour qu’elle souscrive au contrat ou lorsque la personne a été soumise à une contrainte.
La vulnérabilité de la personne abusée peut être due à son âge, sa mauvaise santé ou une mauvaise compréhension de la langue française, lorsqu’elle est permanente, mais cette vulnérabilité peut également être momentanée et donc due à une situation passagère ou d’urgence.
Cette vulnérabilité doit être prouvée et l’état de faiblesse doit être antérieur à la sollicitation du professionnel et indépendante de la souscription. De son côté, le professionnel doit avoir conscience de cette faiblesse ou ignorance et l’utiliser dans le but de lui faire souscrire un engagement comptant ou à crédit, quel que soit la forme.
L’abus de faiblesse est reconnu pour les visites à domicile (article L121-8 du Code de la consommation), mais l’article L121-9 du Code de la consommation liste les circonstances dans lesquelles l’abus de faiblesse peut être reconnu, comme le démarchage par téléphone ou lors de réunions organisées par l’auteur ou à son profit.
Les sanctions suite à un abus de faiblesse
L’abus de faiblesse est un délit pénal : l’auteur de l’infraction encourt ainsi trois ans d’emprisonnement et 375 000 euros d’amende (l'article L132-14 du Code de la consommation et l’article 223-15-2 du Code pénal). Les personnes morales peuvent également voir leur responsabilité pénale engagée : en plus de l’amende, elle encourt alors des peines complémentaires.
Le contrat conclu dans ces conditions est nul.