arrêt CA Bordeaux 3 juillet 2018
Ainsi, dans un arrêt en date du 3 juillet 2018, la Cour d appel de BORDEAUX a estimé,
en application de ces dispositions, qu'éviter de nouvelles dégradations sur un
bien immobilier ainsi que des frais supplémentaires à la charge de tous
engendrés par un indivisaire seul caractérisait l'intérêt commun de
l'indivision.
En conséquence, elle a confirmé la décision rendue par le Juge des référés lequel
a laissé toute liberté à l'un des indivisaires de contracter avec l'acquéreur
de son choix, fixant néanmoins un prix minimum de vente du bien.
L'expulsion d'un coindivisaire
De même, eu égard à l'urgence et à l'intérêt commun, la Cour a confirmé
l'ordonnance de référé en ce qu'elle a dit que la coindivisaire occupant le
bien indivis devrait libérer le bien dans un délai de trois mois à compter de
la signification de l'ordonnance et qu'à défaut, son expulsion serait
prononcée.
Le Président du Tribunal de Grande Instance a estimé que l'occupation des lieux
par Madame C. ne pouvait se poursuivre au vu des désordres qu'elle provoquait.
La Cour a précisé que l'indivision se caractérisant par une pluralité de droits de
même nature sur une chose, la qualité d'indivisaire ne permet pas en elle-même
de jouir privativement du bien indivis.
A défaut de justifier d'un titre pour jouir privativement de l'immeuble indivis,
ou d'avoir été autorisée par les indivisaires titulaires d'au moins deux tiers
des droits indivis, Madame C. doit être considérée comme une occupante sans
droit ni titre de l'immeuble.
La Cour a donc considéré qu'en jugeant de la sorte, le Juge des référés n'avait
pas outrepassé les prérogatives qui lui sont conférées par l'article 815-6 du
Code civil aux termes duquel " le président du Tribunal de Grande Instance peut prescrire ou autoriser toutes les mesures urgentes que requiert l'intérêt commun ", en ce compris l'expulsion d'un indivisaire occupant.