Le principe :
La nouvelle procédure de
rétablissement professionnel est ouverte aux entrepreneurs individuels,
personnes physiques, qui n'ont pas de salarié et dont l'actif est
inférieur à 5.000?. Elle permet au débiteur de bénéficier d'un
effacement des dettes, sans recourir à une liquidation judiciaire.
Les conditions :
- Toute personne physique exerçant une activité commerciale, artisanale, agricole, ou une activité
professionnelle indépendante, y compris une profession libérale peut
demander à bénéficier d'un rétablissement professionnel. Les
entrepreneurs individuels à responsabilité limitée (EIRL) ne peuvent pas
en bénéficier.
- Être en état de cessation de paiements et le redressement est manifestement impossible,
- Le débiteur dispose d'un actif dont la valeur n'excède pas 5.000 ? et il doit établir un inventaire de ses biens (R645-1).
- Le débiteur ne doit pas faire déjà l'objet d'une procédure collective
en cours. Dans les 5 ans qui précèdent l'ouverture de la procédure le
débiteur ne doit pas avoir fait l'objet d'une liquidation judiciaire
clôturée pour insuffisance d'actif ou d'un précédent rétablissement
professionnel. Il s'agit d'éviter que l'ouverture de la procédure fasse
obstacle aux dispositions permettant la reprise des poursuites en cas de
successions de deux procédures dans les 5 ans (L645-2 du code de
commerce)
- Le débiteur ne doit pas avoir de salarié ni en avoir eu au cours des 6 derniers mois (L645-1)
- Le débiteur ne doit pas faire l'objet d'un contentieux prud'homal en cours (L645-1 al 2) en tant qu'employeur
- La bonne foi du débiteur est une condition de maintien en
rétablissement professionnel (L645-9 du code de commerce). La mauvaise
foi consiste notamment dans l'organisation d'insolvabilité ou la
dissimulation d'actifs.
La Procédure
La procédure est de 4 mois.
Le débiteur doit faire sa demande auprès du tribunal de commerce s'il est
artisan ou commerçant, ou auprès du Tribunal de Grande Instance pour les
autres cas. Dans les deux cas, le tribunal est celui dont dépend le
siège social.
Si le tribunal accepte la demande, un juge et un
mandataire judiciaire sont désignés pour effectuer une enquête sur la
situation patrimoniale du débiteur, notamment sur le montant de son
passif et la valeur de ses actifs. Le juge désigné est appelé juge "
commis " (et non pas juge commissaire). L'enquête sur le patrimoine du
débiteur (actif et passif) est effectuée sans que le juge commis puisse
se voir opposer le secret professionnel (L623-2).
Le mandataire
judiciaire doit informer les créanciers connus de l'ouverture de la
procédure et les inviter à lui communiquer, dans un délai de 2 mois à
compter de cet avis, le montant de leur créance ainsi que toute autre
information utile.
La procédure est ouverte pendant une période de 4 mois.
Si les conditions sont remplies, le tribunal prononce la clôture du rétablissement professionnel.
Les Effets :
Pendant la procèdure le débiteur
conserve le pouvoir de gérer et disposer de ses biens et les poursuites
ne sont pas arrêtées, mais le juge peut ordonner la suspension des
procédures d'exécution (saisies) engagées par les créanciers. Il peut
également accorder des délais de paiement.
Cependant, dès la
clôture du rétablissement professionnel cela entraîne l'effacement de
toutes les dettes à l'égard des créanciers, qu'elles soient
professionnelles ou personnelles, dans la limite de celles qui ont été
portées à la connaissance du juge, et à condition qu'elles soient
antérieures au jugement d'ouverture.
Sauf les dettes en matière de pensions alimentaires et les dettes salariales qui restent dues.
Les cautions devraient pouvoir opposer cette exception aux créanciers et se prévaloir de l'effacement de la dette.
Olivia Chalus-Pénochet
Avocat
Nice